Mayotte, au-delà de l’urgence, une nécessaire réforme structurelle.

Le cyclone Chido a frappé l’archipel de Mayotte comme jamais un évènement climatique n’avait dévasté un département français auparavant. Nous exprimons notre solidarité et notre compassion envers nos concitoyens mahorais qui ont tout perdu et se trouvent encore aujourd’hui dans une situation de dénuement total.

Bilan humain dramatique avec à ce jour 39 morts et plus de 5000 blessés, catastrophe économique et sociale pour le territoire le plus pauvre des territoires français, et au-delà, mise au grand jour des problèmes structurels qui touchent Mayotte et que la départementalisation de 2011 n’a pas su juguler.

Un retard de développement endémique à la fois lié à la situation géographique de l’archipel à l’absence de pôle de prospérité économique proche, de l’éloignement de la métropole et de l’absence de ressources propres à l’île capable d’assurer son développement économique. La métropole mais aussi l’UE doivent faire des efforts particuliers afin que l’un de leur territoire périphérique puisse accéder à une vraie croissance économique permettant le progrès social de l’île.

Un habitat paupérisé totalement inadapté aux phénomènes climatiques comme les cyclones qui ne sont pas rares dans cette région du monde et qui renforce à la fois le sentiment de pauvreté mais aussi la dangerosité des conditions de vie dans le cadre du dérèglement climatique. Sur ce volet du logement, il y a urgence lorsque l’on sait que 40 à 50% des bidonvilles préexistants au passage du cyclone ont déjà été reconstruits. La volonté affichée du Premier ministre François Bayrou d’interdire les reconstructions de bidonvilles après sa visite à Mayotte apparaît bien incantatoire au regard de la réalité vécue par les mahorais .

Une immigration clandestine massive et incontrôlée  venue de l’archipel voisin des Comores encore plus touché par la pauvreté et la misère sociale constitue une menace pour la cohésion sociale , la sécurité des habitants de Mayotte et la capacité de l’archipel à relever les défis évoqués juste avant.

Après le passage du cyclone Chido, il y a l’urgence humanitaire, sanitaire et de reconstruction de Mayotte qui demandent des moyens importants à mettre en œuvre malgré l’impasse financière dans laquelle se trouve notre pays.

Au delà il y a la nécessité de penser et mener des réformes structurelles que le statut de département ne permet pas dans le cadre constitutionnel actuel si l’on envisage par exemple de mettre en question le droit du sol en matière migratoire. Il faut donc un statut particulier de l’archipel dans la République qui permette de prendre en compte toute la spécificité de la situation de Mayotte dans sa géographie, dans son environnement et dans sa capacité à réguler les arrivées de populations extérieures qui minent aujourd’hui sa capacité de développement. Et puis, pourquoi ne pas repenser le modèle de développement urbain sur l’île, une planification innovante qui prendrait en compte le risque cyclonique?

Wikimedia Commons / Public domain / Nasa


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