Nos agriculteurs doivent être entendus

En France, 100.000 exploitations agricoles et un million de vaches disparues en 10 ans, tous les 2 jours un exploitant se suicide. Trop de normes, trop de contraintes coûteuses pour au final des exploitations qui ne sont et qui ne peuvent plus être rentables. Nous devons soutenir ces petits exploitants qui travaillent très dur, qui nous nourrissent encore, perpétuent les traditions locales et entretiennent nos territoires.

Territoires et République a déjà pris position en faveur d’un retrait de tous les accords de libre-échange dont le MERCOSUR du volet agricole.

Sur le terrain quelles sont actuellement les contraintes inacceptables qui doivent faire l’objet de réformes : nous avons les contrôles et autres mises aux normes aberrantes. Des abattoirs locaux qui disparaissent ou ne sont plus accessibles. Des méthodes qui criminalisent les petits exploitants qui doivent être assouplies. Des mises aux normes insensées qui doivent être tout simplement abolies. Sur le terrain, nous demandons plus de bon sens et d’accompagnement, plutôt que des sanctions et des mises en demeure.

D’ailleurs, certaines normes imposées à l’exportation, comme celles concernant le lait pasteurisé pour la plupart des pays européens ne sont pas compréhensibles du point de vue sanitaire. Il faudrait y remédier.

En cas de maladies contagieuses telles que la brucellose (qui peut être soignée) ou bien actuellement la dermatose nodulaire, nous nous opposons aux abattages systématiques de troupeaux entiers. Nous demandons la mise en place de procédures de mise en quarantaine avec un suivi vétérinaire, une stratégie qui serait amplement suffisante et plus respectueuse des animaux et des hommes.

Le problème de la non disponibilité voire la pénurie de vétérinaires pour ce secteur (moins rentable pour le praticien) est scandaleux. Des mesures doivent être prises pour lever ce problème de vigilance sanitaire.

Les problèmes liés à la sécheresse, outre le fait que nous ne disposons que de 12 Canadairs pour toute la France alors qu’il en faudrait trois fois plus, posent de plus en plus de difficultés aux producteurs qui ne savent plus comment irriguer leurs terres. Les condamnations récentes à 1,5 millions d’euros de 9 agriculteurs de Charente-Maritime pour avoir utilisé des retenues d’eau font trembler le secteur. Comment en sommes-nous arrivés à de telles situations ? Un manque d’écoute et d’adaptation réglementaire à l’évolution du secteur agricole qui n’intéresse plus personne depuis de très longtemps. Nous devons changer notre approche et travailler plus étroitement afin de mettre en place des solutions pérennes et respectueuses de la vie locale. L’exemple du sud de l’Ardèche où des prélèvements dans le Rhône permettraient d’irriguer toutes les terres en totale autonomie n’attend que les autorisations.

Enfin, les syndicats demandent plus de respect lors des élections locales au sein des chambres d’agriculture. Lorsque les urnes rendent leurs verdicts, les élus politiques locaux doivent être à l’écoute de leurs nouveaux interlocuteurs peu importe les orientations politiques de ces derniers.

Marie Bresse et Jean-Marc Sabatier, délégués territoriaux de Territoires & République

Tractor cultivating field at spring,aerial view

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